Découpez-le selon ce que vous pouvez changer : le type de visiteur·euse, l'appareil, la source, la page d'arrivée, le pays. Un taux global ne désigne aucun·e responsable et ne déclenche aucune action. C'est la moyenne de la classe : elle rassure le proviseur et n'aide aucun élève.
Le repère
Le découpage le plus parlant est souvent le premier : nouveaux·elles contre connu·es.
Dans le benchmark 2026 de Contentsquare, les visiteur·euses connu·es convertissent à 2,9 % et les nouveaux·elles à 1,7 %. Sur les boutiques que nous auditons, l'écart est souvent plus large : chez une marque dont les ventes se font l'hiver, les personnes qui revenaient convertissaient quatre à cinq fois mieux que celles qui découvraient, et ces dernières arrivaient à 85 % sur mobile.
Le seul segment qui comptait vraiment était donc « nouvelle visite, sur téléphone », et c'est exactement celui que la publicité faisait entrer.
La règle
Un segment mérite une ligne dans votre rapport si quelqu'un, chez vous, peut agir dessus. Sinon c'est de la décoration.
Les étapes
- Nouveaux·elles contre connu·es. Dit si le problème est de convaincre ou de faire revenir.
- Mobile contre ordinateur. Dit où regarder l'ergonomie.
- La source. Dit si le trafic acheté trouve ce qu'on lui a promis.
- Le type de page d'arrivée. Fiche produit, collection, accueil, page de campagne.
- Le pays, si vous vendez à l'étranger.
- Le volume de chaque segment. Avant de le lire, comptez ses commandes, et notez le résultat en une phrase pour la direction :
« Ce segment fait 80 commandes par mois, on le lira au trimestre. »
Le piège
Trop découper.
Un segment qui fait 100 commandes sur la période a un taux qui varie d'environ 20 % dans un sens ou dans l'autre par le simple hasard, parce que le bruit d'un compte grandit comme la racine carrée du compte : dix commandes d'écart sur cent sont dans l'ordre normal des choses. Vous allez commenter du bruit. En dessous de quelques centaines, allongez la période ou regroupez.
Second piège, moins visible : vos segments ne couvrent pas toutes vos commandes.
Chez une marque de prêt-à-porter, Shopify Analytics ne rattachait un appareil qu'à une commande sur deux, les autres ayant été passées sans consentement analytique.
Avant de comparer mobile et ordinateur, regardez la somme des deux : si elle est loin du total, vous découpez la moitié consentante de votre clientèle.